Qonto, la fintech française bien connue des professionnels, amorce un tournant stratégique. Huit ans après sa création, l’entreprise vient de déposer une demande officielle de licence bancaire auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Une démarche qui marque une nouvelle étape dans son ambition de devenir un acteur bancaire complet, au-delà de son statut actuel d’établissement de paiement.
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Une ambition claire : diversifier les services financiers
Jusqu’ici, Qonto s’adresse aux indépendants, PME et startups en proposant une solution bancaire professionnelle dématérialisée. Les utilisateurs ont accès à un compte avec IBAN, des cartes Mastercard, des outils de gestion des paiements, de la comptabilité et de la trésorerie, ainsi qu’à des fonctions collaboratives pour les équipes. Ces services sont conçus pour simplifier la gestion quotidienne des finances.
Mais ce positionnement a ses limites. En tant qu’établissement de paiement, Qonto ne peut pas proposer directement des produits d’épargne, de prêt ou d’investissement. Obtenir une licence bancaire lui ouvrirait donc de nouveaux leviers pour accompagner les entreprises dans leurs besoins plus complexes.
Un cap fixé : 2 millions d’utilisateurs d’ici 2030
Actuellement, Qonto revendique 600 000 clients. Pour atteindre les 2 millions d’ici cinq ans, la diversification de ses services est jugée indispensable. Alexandre Prot, cofondateur et PDG, précise que la société souhaite proposer « l’offre bancaire professionnelle la plus sûre et la plus flexible », avec une tarification transparente et une gestion 100 % digitale.
Qonto se positionne comme une solution indépendante, fiable et intuitive, à la croisée des chemins entre la solidité d’une banque et l’agilité d’une fintech. En 2023, elle a atteint la rentabilité plus tôt que prévu, ce qui renforce sa crédibilité et sa capacité à investir dans une infrastructure bancaire robuste.
Une présence européenne en expansion
La future licence bancaire permettrait à Qonto de proposer des services enrichis dans l’ensemble des pays où elle est déjà implantée : France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Portugal et Autriche. L’entreprise précise qu’elle continue en parallèle d’investir dans le renforcement de son infrastructure, dans ses équipes de gestion des risques et dans le développement de nouveaux produits adaptés aux besoins des entreprises.
Anticiper les besoins en financement des PME
Pour Alexandre Prot, les petites et moyennes entreprises attendent désormais des solutions de financement plus larges que celles offertes aujourd’hui. Qonto propose déjà des services comme le paiement différé via des partenaires externes, mais la licence bancaire lui permettra d’aller plus loin, en développant ses propres produits de crédit ou d’investissement.
Parmi les nouveautés récentes, on note le lancement d’une suite d’encaissement incluant des terminaux physiques et la fonctionnalité Tap to Pay. Ces outils viennent compléter l’offre de base et répondent à une demande croissante d’outils intégrés pour gérer l’ensemble du cycle financier, de l’encaissement à la comptabilité.
Une évolution cohérente avec son ADN
Qonto souhaite conserver ce qui a fait son succès : la simplicité d’utilisation, la rapidité des services, et l’innovation continue. L’obtention de la licence bancaire ne remet pas en cause ces principes, mais vise à leur donner plus de profondeur et de portée. La fintech entend ainsi rester fidèle à son ADN tout en accédant à un nouveau statut qui lui permettra de concurrencer les banques traditionnelles sur leur propre terrain.


