Meta ne se contente plus de suivre la course à l’intelligence artificielle : l’entreprise de Mark Zuckerberg veut désormais en prendre la tête. Pour y parvenir, elle rebat les cartes du secteur en restructurant ses activités IA, en investissant massivement, et surtout en menant une campagne de recrutement agressive dans toute la Silicon Valley.
Sommaire
Meta change de cap dans l’IA
Confronté à un retard face aux géants comme OpenAI ou Google DeepMind, Meta a décidé de revoir sa stratégie IA en profondeur. Une nouvelle division, baptisée Meta Superintelligence Labs, a été créée pour prendre les choses en main. Cette entité sera chargée de piloter les projets les plus ambitieux du groupe dans le domaine de l’intelligence artificielle générative et des modèles de langage.
L’annonce s’accompagne d’un investissement massif de 14 milliards de dollars dans Scale AI, une entreprise spécialisée dans l’annotation et la gestion de données pour l’entraînement de modèles.
Débauchage de haut niveau : Meta frappe fort
Pour mener à bien ses nouvelles ambitions, Meta s’est lancé dans une véritable offensive sur le marché des talents. L’entreprise n’hésite pas à proposer des primes à la signature vertigineuses, allant jusqu’à 100 millions de dollars, et des salaires annuels largement supérieurs à ceux du marché.
Parmi les recrutements les plus marquants figure Daniel Gross, ex-dirigeant de la start-up SuperSafe Intelligence (SSI), l’une des jeunes entreprises les plus prometteuses du secteur. Fondée par Ilya Sutskever, cofondateur d’OpenAI, SSI avait levé un milliard de dollars en 2024. Le départ de Gross a été confirmé fin juin. Il rejoint Meta en tant que nouveau patron de la division Superintelligence Labs.
Nat Friedman, un autre pion clé dans l’organigramme
Daniel Gross n’est pas le seul à rejoindre les rangs de Meta. Nat Friedman, ancien P.-D.G de GitHub et partenaire de longue date de Gross dans la société de capital-risque NFDG, a également été recruté. Meta prévoit même de prendre une participation minoritaire dans NFDG, qui a déjà investi dans des projets comme Figma ou Perplexity, deux entreprises en pointe dans l’IA appliquée.
Il ne s’agit donc pas simplement de recruter des individus, mais aussi de nouer des liens stratégiques avec tout un écosystème d’innovation.
Une stratégie qui fait débat
Ce rachat de talents suscite des réactions dans le milieu. Sam Altman, patron d’OpenAI, s’est publiquement inquiété de la méthode de Meta, qu’il juge trop agressive. L’empressement de Zuckerberg à rassembler les meilleurs profils du secteur pourrait, selon lui, déséquilibrer un écosystème déjà sous tension.
La critique n’a pas freiné Meta, qui affiche des ambitions claires : jusqu’à 65 milliards de dollars pourraient être consacrés cette année aux projets IA. Cet effort colossal dépasse largement les budgets habituels de R&D des entreprises technologiques classiques, et témoigne de l’importance stratégique accordée à l’intelligence artificielle par le groupe.
Meta veut reprendre la main
Face à la domination d’OpenAI et aux avancées de Google, Meta entend imposer ses propres standards, notamment en s’appuyant sur son modèle open source Llama 4, et en développant de nouvelles capacités dans la génération de contenus multimédias. L’entreprise veut aussi intégrer l’IA de manière plus fluide dans ses services : Facebook, Instagram, WhatsApp ou encore ses casques de réalité virtuelle.
Avec Meta Superintelligence Labs, Zuckerberg semble poser les fondations d’un empire IA à part entière, capable de rivaliser avec les acteurs historiques et les nouveaux venus du secteur.
